Chronique | Keleana, tome 1 : L’assassineuse by Sarah J. Maas

Titre original : Throne of Glass
Autrice : Sarah J. Maas
Maison d’édition : La Martinière Jeunesse
Date de parution : Novembre 2020 (réédition)
Prix : 9,90€ (prix découverte limité)
Genre : Fantaisie

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne-Judith Descombey

Résumé

A dix-huit ans seulement, Keleana est déjà l’assassineuse la plus célèbre d’Ardalan. Un titre qui l’a envoyée tout droit au bagne…
Sa réputation a pourtant attiré l’attention du prince Dorian qui lui propose de reconquérir sa liberté. Pour cela, elle devra participer à un tournoi contre les voleurs et les assassins les plus redoutables du royaume. Le vainqueur sera sacré champion du roi et entrera à son service. Les autres seront renvoyés à leur titre sort.
Pour Keleana, perdre n’est pas une option. Mais quand l’un de ses adversaires est brutalement tué, puis un autre, elle comprend que quelque chose de bien plus important qu’une simple compétition se joue à la cour du roi.

L’avis d’Esquisse

Je désespérais de pouvoir un jour lire cette saga écrite par Sarah J. Maas. Un Palais d’épines et de roses a été une trilogie incroyable, avec ses défauts mais surtout ses moments qui vous tiennent en haleine et vous plongent de plus en plus dans l’univers. Alors forcément, quand j’ai vu l’engouement autour de sa première saga, Throne of Glass, dont beaucoup l’ont classée comme meilleure que son successeur, je ne pouvais passer à côté. Les éditions de La Martinière Jeunesse m’ont donc plus que ravie en rééditant l’intégralité des tomes déjà parus en France et annonçant ainsi la parution prochaine du reste de cette saga.

Globalement, d’un premier coup d’œil, Keleana réunit tous les éléments pour conquérir mon cœur : une protagoniste très forte dont le statut d’Assassineuse la plus redouté du pays la place sur un autre palier que les héroïnes habituelles ; ajoutons à celle-ci un tournoi et des intrigues politiques dans un monde régis par les royautés et les conflits. Puis pour terminer, on peaufine le tout avec les nuances de la fantaisie et Sarah J. Maas afin d’obtenir un combo idéal.

Malheureusement, le charme n’a pas opéré ! Et bien que dans son ensemble l’intrigue est prenante, de nombreux passages m’ont cassée dans la lecteur, parfois accompagnés d’un signe d’agacement — imaginez un roulement de yeux ou toute autre mimique du genre. Sans compter les personnages pour lesquels je n’ai eu aucune attache.

Malgré cela, même après réflexion, j’ignore encore où me placer vis-à-vis de cette lecture. Je pense avoir mis la barre trop haute suite aux nombreux retours excellents des lecteurs ce qui fait que mon ressenti est plus nuancé. Sans être une superbe lecture, il ne s’agit pas non plus d’une déception.

La liberté ou la mort étaient assises à cette table. Son passé et son avenir siégeaient sur un trône de verre…

J’étais impatiente de retrouver l’écriture de Sarah J. Maas qui reste toujours aussi entraînante et fluide, bien qu’on ressent que Keleana a été écrit avant Un Palais d’épines et de roses, pas seulement dans la plume dont la traduction joue également un rôle mais surtout dans l’avancée globale du récit.

Une fois n’est pas coutume, le point fort de ce roman réside dans son histoire qui nous captive. Entre les épreuves du tournoi et les complications qui découlent des mystérieux meurtres visant les participants, l’envi de connaître le fin de mot de tout ceci a attisé ma volonté à atteindre la dernière page. Cependant, cette force issue de l’histoire est remise en cause par le choix de l’autrice à mettre en avant la vie de Cour au détriment du tournoi dont les épreuves sont parfois survolées par une brève mention de la part du narrateur nous indiquant qu’elles ont eu lieu. Ce choix a un impact sur l’ensemble des éléments tels que les dialogues, parfois superflus et sans intérêts, et les personnages.

D’ailleurs ces derniers sont sûrement ce qui m’a le plus bloquée, notamment la protagoniste : Keleana. A l’origine, celle-ci avait tout pour me plaire avec un profile qui, selon son titre, s’écarte des héroïnes classiques. Or, l’alchimie n’a clairement pas prise. Si au début son mordant et sa répartie m’ont plu, son côté prétentieuse m’a plus qu’agacée. Elle se vente d’être la plus grande assassineuse du royaume, dont le nom est plus que reconnu même au-delà des frontières d’Ardalan et fait frémir quiconque l’entend. Elle a une haute estime de sa personne tant sur ses capacités que sur son physique. La vantardise est un trait de caractère qui a tendance à m’exaspérer, surtout que le stratagème mis en place pour le tournoi tend à nous montrer une jeune fille qui possède certes des capacités au combat mais sans pour autant la rendre exceptionnelle. De plus, à travers les airs qu’elle se donne pour paraître adulte, son attitude face à la vie de château finit par la trahir. On nous présente une jeune fille badass qui possède des antécédents marquants pour finalement se focaliser sur différentes relations qu’elle entretient avec les autres personnages, notamment une amourette oiseuse. Heureusement, comme tout protagoniste, elle cache un passé dont l’histoire promet des surprises et je l’espère une évolution du personnage. La complexité qui l’entoure reste infime mais on sent l’apparition d’une brèche dans son caractère qui peut laisser envisager un changement significatif.

Je vous donne ce nom pour vous honorer. Vous pourrez le porter quand vos autres noms vous pèseront trop. Je vous nomme Elentiya, « l’esprit que l’on a pu briser ».

En ce qui concerne les autres personnages, ils m’ont laissée indifférente. A l’exception peut-être de Nehemia dont le sarcasme et les retournements de situations l’entourant apportent un plus à l’ensemble. Dorian et Chaol n’ont rien de particulier qui fait qu’on les adore ou qu’on les déteste. Chacun remplit son rôle à travers des stéréotypes propres à leurs fonctions respectives. Le manque de singularité s’intensifie par la mise en place d’un « triangle amoureux » qui n’a aucun sens, ni intérêt.

Vous l’aurez deviné, cette lecture ne m’a pas transportée. Toutefois, je ne compte pas m’arrêter là et envisage bien de poursuivre la saga dans quelques temps. Après tout, Keleana est une saga composée de sept tomes dans la version originale, il serait donc dommage de me fier au premier maillon de la chaîne et passer à côté d’une suite qui pourrait se révéler plus satisfaisante.

See you soon,
Esquisse. ❦

2 commentaires sur “Chronique | Keleana, tome 1 : L’assassineuse by Sarah J. Maas

Ajouter un commentaire

  1. J’étais si triste et déçu en lisant ton avis jusqu’à ton dernier paragraphie qui me ravit ! Je suis certain que cette saga saura te séduire au fil des tomes qui permettent à l’auteur de développer son univers et d’intensifier son intrigue 😉

    J'aime

  2. Oh, c’est dommage que la magie n’ait pas opéré… Personnellement, j’ai adoré ce premier tome, et je l’ai savouré de la première ligne à la dernière. Mais je n’avais pas d’attentes particulières au début de ma lecture, et je n’ai donc pas été déçue ou frustrée. Pour le moment je suis au tome 4, et ce que je peux te dire, c’est que Keleana nous réserve de belles surprises ! Bonne lecture du reste de la saga, en espérant qu’elle te plaise plus 🙂

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :